Après toi, le silence…

Après toi, le silence…

Petite luciole,

Il est tard, ce jeudi 26 janvier 2017. Minuit approche, mais papa et maman ne dorment pas encore. Tu tourneboules dans le ventre de maman, et cela fait rire ton papa. On pourrait presque distinguer le haut de ta tête à travers cette protubérance qui déforme soudain ce ventre qui t’abrite depuis presque huit mois. L’heure tourne. Il est maintenant 2h30, nous sommes le 27 janvier. Les contractions se sont déclenchées, et elles accélèrent. Bébébackstage dort paisiblement dans la chambre d’à-côté, et maman appelle votre papy clown à la rescousse pour venir la garder le temps que nous allions à la maternité.

Trois heures du matin.

Papa et maman arrivent à la clinique, et maman perd les eaux en entrant dans le hall d’accueil. Elle ne te sent plus bouger, mais ton arrivée est forcément imminente, maintenant. Maman est installée à la hâte dans une salle d’accouchement. La même salle où ta grande sœur est venue au monde il y a bientôt trois ans. Tu vas arriver en avance, petite luciole. Il y a tout juste quatre jours, l’échographie nous a expliqué que tu ne faisais pas tout à fait deux kilos. Tu seras un petit gabarit, toi aussi, mais ça ira. On s’occupera bien de toi. Et puis, tu es une Backstage. Tu es déjà forte et courageuse, nous n’avons aucun doute là-dessus.

La sage-femme pose le monitoring à maman. Elle cherche à écouter la musique de ton petit cœur. Elle grimace, et cherche encore. Elle s’éternise sur l’écran, pose et repose les capteurs. Elle se tait, et son silence est plus éloquent que mille mots. Papa et maman tremblent soudain, quand même l’échographie ne suffit pas à t’entendre. Le médecin arrive. C’est un remplaçant, il a l’air gentil comme tout. Il va t’aider, petite luciole. Il observe rapidement la situation, et demande à maman de pousser une première fois. Tu arrives en siège, mais il est trop tard pour la péridurale, et trop tard pour la césarienne. D’ailleurs, il est trop tard tout court. Le gentil docteur vient de l’annoncer à haute voix. Il a mit des mots sur l’horreur que papa et maman se refusaient à croire.

Vous allez la sauver, docteur, pas vrai ? Elle ira bien ?

Non.

Trois lettres qui suffisent.

Il est maintenant 4h10. La sage-femme t’emporte dans un silence de plomb. Les cris de maman ont cessés, et elle pleure, maintenant. Papa pleure, lui aussi. Le gynécologue termine ce qu’il a à faire, et sort pour leur laisser un peu d’intimité. Ils sont comme assommés, incapables de comprendre ce qu’il se passe réellement. Quelques minutes plus tard, la sage-femme leur demande s’ils veulent te voir. Bien sûr qu’ils le veulent ! Elle te dépose délicatement dans les bras de maman. On dirait que tu dors comme une bienheureuse. Tes poings sont fermés, tout comme tes yeux. A tout jamais.

Bon sang, qu’est-ce que tu es belle ! Tu ressembles pas mal à ta sœur. Maman s’en était déjà rendu compte pendant les échographies, mais là, c’est vraiment flagrant. Tu as le même joli menton, et le même petit nez tout mignon. Les larmes de papa et maman glissent sur ton pyjama vert pendant de longues minutes. Ils caressent tes jours, tes mains minuscules, ta toute fine chevelure naissante. Ils te parlent, à voix basse, entre deux sanglots. Et la sage-femme t’emporte à nouveau, et le silence retombe. Lourd. Pesant. Les mots ne viennent pas, coincés quelque part entre la souffrance, l’incompréhension, le chagrin et la colère. Et ce manque de toi, qui ne nous quittera plus.

Les heures continuent à avancer, plus pénibles que jamais.

Papa et maman préviennent tes grands-parents, ton arrière grand-mère, tes taties, tes tontons, tes cousins et cousines, et tous ces gens qui avaient tellement hâte de faire enfin ta connaissance… Les visites des médecins, sage-femmes et aides-soignantes se succèdent, et tout le monde se montre très gentil. Tout le personnel s’affaire à faciliter les choses, autant que possible. Trouver une chambre la plus éloignée possible des cris des nouveaux-nés et des heureux parents qui hantent la maternité. Pré-remplir tous les papiers administratifs à la place de tes parents déboussolés.

Des parents à qui l’on demande maintenant de faire des choix qu’ils n’auraient jamais pensé avoir à faire. Autopsie ou pas. Autorisation de prélèvements à des fins ultérieures de recherche médicale, ou pas. Organiser tes funérailles, ou laisser l’hôpital s’en charger. Chaque phrase, chaque décision à prendre, chaque silence ne fait qu’ajouter un poids supplémentaire à ton absence. Tu devrais être là, couchée près de nous. Tu devrais entendre papa et maman se chamailler gentiment pour savoir lequel des deux te prendra dans ses bras en premier, ou pour choisir quelle tenue parfaite te mettre. Mais tu n’es pas là. Tu ne seras jamais là. Tu n’iras pas dormir dans ce lit que papa a finit de monter pour toi cette semaine. Tu ne rencontreras jamais ta grande sœur. Tu ne grandiras pas avec elle dans notre cocon familial qui n’attendait que toi pour resplendir encore plus.

Après toi, après tout ça.

Il ne reste que le silence là où papa et maman auraient voulu entendre tes babillages. L’absence et le froid à la place de la chaleur de ton petit corps dans nos bras. Nous sommes amputés d’une partie de nos cœurs, pour le restant de nos jours. Et maintenant, il faut faire face. A la vie qui fait semblant de reprendre mais qui n’est pas ce qu’elle aurait dû être. A la froideur administrative de ce mot sur le livret de famille : « enfant née sans vie ». Mais tu as vécu, pourtant, petite luciole ! Dans le ventre de maman, tu t’es battue pendant des jours, des semaines, des mois pour grandir, te développer, te préparer à venir nous rencontrer tous les trois ! A ces nuits d’insomnies, à cette alternance de larmes et de sourires de surface. A ces mots qui ne veulent pas sortir et qui nous empêchent pour l’instant d’expliquer à ta grande sœur ce qu’il s’est passé. A ces moments de colère intense contre l’univers tout entier, et à ces désespérances qui paralysent. A ce lit qu’il a fallu démonter, à ces vêtements qui n’attendaient que toi et qu’il va falloir remballer dans des cartons. A ces fleurs inutiles déposées au pied d’un grand arbre dans le « jardin du souvenir », au milieu de tous ces nounours pendus à des branches, témoignant de la détresse de tous ces parents à qui cette chienne de vie a volé une luciole…

Les gens…

Et puis il y a ces phrases qu’il faut arriver à avaler, de celles qui oscillent quelque part entre la bêtise, la méchanceté gratuite et la maladresse insupportable.

Bah, vous en ferez bien une autre… (salope de pharmacienne)

Il faut avancer, la vie continue… (sans blague ?)

Je m’en fais pas pour vous, vous êtes solides… (c’est ça, bien sûr)

La grande compte sur vous, vous ne pouvez pas vous laisser abattre… (ben tiens, on y avait pas pensé tous seuls)

Ah, ça y est, il est né cet enfant ? On l’entend pas pleurer, hein… (merci la voisine, nous non plus on ne l’entend pas pleurer, et ça nous tue)

Il faut voir un psy/un groupe de soutien/quelqu’un, ça va vous aider… (le seul moyen de nous aider, c’est de nous rendre notre luciole, vous croyez que le psy/le groupe de soutien/quelqu’un peut faire ça pour nous, sérieusement ?)

Je vais prier pour vous et pour elle… (euh, comment dire ça poliment ?… non, merci, on ne croit pas en qui que ce soit, on est anarchistes, tendance « avec ce qu’il nous a fait, dieu – s’il existe, ce dont on doute fortement – va se prendre une grosse mandale dans la tronche si on le croise ce gros connard » – si PapaBackstage avait écrit cet article, ce ne serait pas aussi poli… – , alors garde tes prières pour ceux que ça intéresse)

Ces gens qui veulent absolument nous présenter untel ou unetelle qui « a vécu la même chose ». Et on s’en fout. Pardon si nous sommes ce coup-ci égoïstes dans notre douleur, petite luciole. C’est déjà assez difficile de supporter notre peine et ton absence, ce n’est pas pour y ajouter celle des autres. C’est trop pour nous, pour le moment. Et il y a aussi ces gens qui croient qu’il faut faire comme si rien ne s’était passé, en pensant certainement que ça nous rendra les choses plus faciles. Mais ce n’est pas le cas. Tu as existé, et tu existeras toujours. Dans nos coeurs, dans nos âmes, dans le vide que tu nous as laissé en partant. Tu as existé, et il faut parler de toi. Continuer à te faire vivre, parce que c’est le seul moyen de combattre ta mort.

Encore et toujours…

Et aussi, il y a les gens qui s’en foutent (ou qui agissent comme si c’était le cas). Ceux qu’on prenait pour des amis, mais qui ont préféré ne pas être là pour nous. Leur cours d’aquaponey doit être trop chronophage, certainement. Et qu’on ne nous dise pas qu’ils ne savent pas quoi nous dire, parce que ça n’empêche pas d’être présent. Ceux qui ne sont pas encore au courant et qui, du coup, viennent mettre les pieds dans le plat. Ceux qui ne savent pas quoi dire, mais qui  Heureusement, il y a surtout ceux qui s’invitent à boire un café, qui écrivent ou qui appellent pour nous soutenir dans cette épreuve, qui nous écoutent quand nous avons besoin de parler, nous font rire de temps en temps, nous parlent de tout et de rien quand il faut être légers. Mais toujours, toujours, les images de cette nuit-là passent et repassent devant nos yeux, en « tâche de fond ».

Il faudra bien vivre avec cette souffrance, vivre malgré ton absence.

On s’efforce de tenir le coup, pour ta grande sœur, et pour toi. Parce que vous méritez toutes les deux que nous tâchions de vous rendre fières de nous. On pleurera peut-être un peu moins souvent, par la suite, parce que le temps nous aura appris à nous endurcir, mais notre peine et notre amour pour toi seront toujours aussi incommensurables. Nous nous relèverons de cette épreuve, aussi unis qu’avant, peut-être même davantage si tant est que ce soit possible. On finira peut-être même par se remettre à rire de bon cœur, un jour.

Mais pas ce soir.

On t’aime, petite luciole. On t’aime, et tu nous manques.

Rendez-vous sur Hellocoton !

86 commentaires

  1. SILENCE… j’en suis à 32 SG et 6 jours… Je pleure pour vous, je pleure de peur…

  2. Il n’y a pas de mots pour apaiser votre peine.
    Ce billet est magnifique, un bel hommage à votre petite Luciole.
    Prenez soin de vous.
    Je vous envoie de douces pensées.

    • Merci beaucoup pour ton soutien et pour tes pensées. Ce n’était pas évident à écrire, mais on voulait justement lui rendre hommage, à défaut de pouvoir la serrer encore dans nos bras…

  3. Je n’ai pas de mots sauf une immense tristesse que seuls les parents peuvent comprendre…
    Mes pensées les plus sincères vous accompagnent dans cette tragedie que personne ne mérite de vivre.
    Avec tout mon soutien et mon affection (même si je suis désemparée)
    J’embrasse votre famille
    Sophie

    • Merci beaucoup Sophie pour ce message, et pour ton soutien.
      Effectivement, c’est une souffrance qui n’est à souhaiter à personne…

  4. Je ne savais pas… Mais je suis là

  5. Face à une telle tragédie, les mots me manquent.

    Toutes mes pensées vont vers vous et votre petite luciole tant aimée.

    Amélie

  6. Des pensees vous vous deux, votre grande et votre luciole <3
    Je suis si triste pour vous.

    • Merci d’avoir lu ce message et merci pour tes pensées. Tous ces mots de soutien sont précieux pour nous en cette période difficile.

  7. Oh non :’-( Je suis vraiment, vraiment désolée et je vous envoie tout mon soutien pour traverser cette difficile épreuve… Nous penserons à votre petite Luciole, à qui vous avez rendu un merveilleux hommage à travers ce billet plein d’amour. Douces pensées pour vous <3

  8. Je suis abasourdie. .. extrêmement peinée pour vous. Tes mots sont magnifiques et décrivent l’indescriptibles.
    Lorsque j’ai fait ma rupture utérine, j’ai ressenti le besoin malsain de parcourir un bon nombre de forums, dédié aux « mamanges », c’est mères ou pères qui ont perdu leur enfant à la naissance.
    Je sais que ce n’est pas ce que vous avez besoin d’entendre en ce moment, et je vais peut-être faire partie de ces gens qui sortent des phrases stupides, mais en lisant tous ces témoignagesites, une chose en est ressortie:
    Au début, les parents écrivent quasi quotidiennement sur ces forums, viennent faire part de leur chagrin, leur colère, échangent (ou pas) avec les autres.
    Et puis les visites sur le forum s’espaçant peu à peu, jusqu’à devenir mensuelles ou annuelles. Certains reviennent apaisés, dire aux autres qu’un autre bébé est en route. D’autres n’envisagent absolument pas une nouvelle grossesse.
    Bien entendu, cela ne veut pas dire que les parents ont mis de côté leur chagrin, loin de là, je me suis dit que ça signifiait seulement qu’il y avait une sortie, un bout du tunnel. Une paix pour le coeur.
    Pardon pour ce roman, je suis de tout coeur avec vous.

    • Merci pour ton soutien, ton message et tes encouragements. Je ne crois pas qu’il y ait vraiment un apaisement quelque part. Comme l’a très justement dit ma doctoresse « le temps ne guérira rien, il vous apprendra simplement à mieux gérer la douleur ». Malgré tout, un peu d’espoir ne peut pas nous faire de mal en ces temps difficiles. Merci en tout cas pour ton témoignage, qui nous touche beaucoup.

  9. Je suis en larmes en lisant. Tellement de peine pour vous. Ça ne devrai pas arriver. C’est effectivement dans ces moments là que mon éducation croyante me fait hurler qu’il ne peut pas exister ce n’est pas possible. Comment peut on sciemment laisser faire ça? Ça n’a pas de sens. Alors je n’aurai jamais les mots pour vous réchauffer un peu le coeur ce n’est pas possible. Mais je pense à vous.

    (Et pour les phrases « réconfortantes » des autres j’ai grimacé à « vous en ferez un autre ». Actuellement enceinte du deuxième j’ai bien expliqué à mon mari que quoi qu’il arrive je ne veux plus jamais tomber enceinte.)

    • Merci pour ce message Melimelanie, et merci de nous accompagner avec tes pensées.

      Effectivement, les gens sont toujours pleins de « il faut que » et de phrases approchantes. Celles que nous avons listées ici ne sont qu’une petite partie de celles que nous avons déjà entendues, ou que nous finirons par entendre. On aurait pu ajouter à cela les gens qui veulent absolument mettre une date limite sur le chagrin (comme par exemple « ça fait déjà un mois, il ne faut plus pleurer maintenant, mais tourner la page »)… Comme si ce genre d’injonction pouvait changer quelque chose à la peine, au manque et à la douleur…

      Et, oui, le « vous en ferez bien un autre », c’est probablement la pire phrase que j’ai pu entendre depuis le 27 janvier. Et je regrette encore d’être restée tellement interdite que je n’ai pas été capable de répondre ou de bouger. Maintenant que la colère et la douleur ont pris le pas sur la sidération, je n’imagine même pas ce que je pourrais répondre et faire à cette fichue pharmacienne…

      • Il y aura 35 ans en septembre ma luciole à moi a choisi de ne pas rester avec nous. Moi aussi jai souffert de ce ventre vide, j’ai entendu des phrases assassines alors on fait semblant on va travailler on retrouve les amis « avec enfants » bien sûr !!!
        Noël c’est compliqué les frères et soeurs sont là soit avec leurs bébés soit avec leur gros ventre. La souffrance s’estompe et la vie me donnera…10 ans plus tard une jolie luciole et son petit frère un peu plus avec un autre papa. Les années ont passé avec mes rituels secrets le jour anniversaire. Et puis en juillet la retraite et là une émotion son prénom et son nom, tout à coup j’avais trois enfants : ma petite fille m’a donné quatre trimestres de plus, elle m’a offert ce temps que je n’ai pas pu lui donner.
        Bon courage….

  10. Toutes mes condoléances pour votre perte… Je pense bien fort à vous même si on ne se connait pas. Il n’y a pas de mot face à une telle tragédie…mais je pense à vous.

  11. Je suis atterrée. Moi qui depuis quelques temps pensais à vous et avait envie d’envoyer un petit mot pour prendre de vos nouvelles. Je ne voudrais pas dire de stupidité moi non plus. J’ai vécu avec des proches ce drame il y a quelques années. Le temps ne changera rien, votre luciole est dans votre cœur à jamais. Restez unis plus que jamais. Votre force de continuer vous la puiserez dans votre famille à 3. Et j’espère aussi grâce à des proches autour de vous qui vous soutiennent. Ne pas s’empêcher d’en parler, la mort fait partie de la vie. Si vous en ressentez le besoin, je peux être une oreille attentive et bienveillante. Sans conseil ni avis. Juste une oreille, loin des proches qui sont eux aussi affectés. Tu sais comment me joindre si besoin, n’hésite surtout pas. Mes pensées vous accompagnent.

    • Merci beaucoup pour ce gentil message et ta délicate attention. Effectivement, c’est notre unité à tous les trois qui nous aide à tenir le coup. On s’appuie l’un sur l’autre, et BébéBackstage est d’une aide extraordinaire, avec ses rires et ses bisous qui sentent la fraise tagada (sa marotte du moment). Merci encore pour tes pensées et ta gentillesse.

  12. Quelle terrible douleur …
    Toutes mes pensées se tournent vers vous en cet instant, ou, après cette lecture, j’ai mal au coeur.
    Aucune parole ne vous soulagera, pourtant, j’aimerais vous dire beaucoup.
    Il est « normal » et sans doute logique d’être égoïste dans la douleur.

    .. Je ne sais pas vraiment quels mots utiliser. Mais sincèrement, mes émotions, mes pensées se tournent vers vous.

    • Merci Rozie pour ta gentillesse et pour ton message.
      Effectivement, les mots sont difficiles à trouver, pour tout le monde (y compris pour nous, vu le calvaire qu’a été la rédaction de cet article).

  13. La vie est une sacrée pute parfois. Je vous souhaite de trouver la force chaque jour de continuer, parce qu’il le faut vous le savez si bien, et pourquoi pas un jour de retrouver un peu de lumiere à travers le gris …

  14. Je ne sais que dire à part que je suis désolé pour vous.

  15. Quelle terrible nouvelle ! Et quel bel hommage à votre petite Luciole….
    J’en ai les larmes aux yeux, je n’arrive pas à imaginer ce cauchemar que vous vivez jour après jour, depuis cette fameuse nuit de la naissance de votre Luciole. Toutes mes pensées vont vers vous.

  16. Je suis tellement désolé pour vous… Je sais que rien de ce qu’on peut dire ou faire ne soulagera votre peine, mais sache que toutes mes pensées accompagne votre famille dans cette terrible épreuve…

  17. Ahh non 🙁

    Vous m’avez fait pleurer. Je venais prendre de vos nouvelles et c’était vraiment pas ce que je pensais / voulait lire.

    Il n’y a pas grand chose à dire, les mots sont vains, faibles, à comparer du pire truc qui peut arriver à un parent.

    Ayant vécu cette sutuation d’un ami qui lui a perdu son premier BB avec la mort du nourisson a 2 mois, on ne peut que vous écouter, vous occuper aussi.
    Bon courage
    Une pensée des puffins du coup, longue sera la route à l’apaisement, on vous envoie notre soutient. Putain la vie c’est de la merde parfois :/

    • Merci beaucoup pour ton message et pour ton soutien. La vie est une garce, ce n’est pas peu dire… Je crois d’ailleurs que ce sont ces mêmes mots qu’a employé Papa Backstage lorsqu’il l’a annoncé à nos amis le jour où c’est arrivé…

  18. Je n’ai pas de mots.. je pleur pour vous, J’ai envie de vous serrer dans mes bras (même si on ne se connaît pas physiquement ) , cette douleur qui vous transperce le coeur car vous n’entendez plus ses battements du coeur , et ces crétins qui vous lancent 1 : « ben , vous en avez déjà hein…/ Il vaut mieux que cela arrive maintenant que plus tard (eh…le con TAAAAAA GUEULE …)
    Face à une telle douleur on ne peut jamais dire il faut, et oui on avance, mais ces moments, ces minutes interminables où on n’a qu’une envie :et c’est que le temps s’arrête… Ce putain de silence . . . fait parti de notre /votre vécu (Désolée d’être looooonnng mais cela me parle tellement que je pourrais tout à fait en coller une à votre pharmacienne ).
    Le temps ne guéri pas, mais nous permet de réapprendre à gérer . Une cicatrice laisse toujours une trace.
    Quelle p### cette vie parfois.. .
    Bisous

    • Merci Sam pour ton message… « IL vaut mieux que cela arrive maintenant que plus tard » ? On t’a vraiment dit ça ? Il y a sérieusement des paires de claques qui se perdent… Comme si ça changeait quelque chose, maintenant ou plus tard… Les gens peuvent vraiment être atroces… Désolée pour toi…

  19. Oui maman backstage,
    On m’a vraiment dit ça. . . Et que ce n’était pas la fin du monde (oui conar#…pas pour toi , mais pour moi qui avais entendu son coeur battre 3 jours avant ,le monde a cessé de tourné quand j’ai vu qu’il n’y avait plus de battements ce jour là. . . .. ) eh oui on a le DROIT de DIRE Qu’on a rien à foutre de malheur des autres , de ne plus vouloir relativiser, d’être égoïste …(pour les gens qui ont le jugement facile)…IL N’Y A PAS PIRE COMME DOULEURE… (je vais bientôt devenir puericultrice et en tant qu infirmière j’en ai vu des situations difficiles et j’ai côtoyé la mort helas un certains nombres de fois ) , qui sommes nous pour nous permettre de juger, NE DITES RIEN FRANCHEMENT SI C’EST POUR SORTIR UNE CON####…
    Être la pour une personne ne vaut pas dire forcément être la à parler pour combler un vide, parfois juste un regard, juste un « je suis la quand tu veux « …peut valoir bien plus que des phrase looooonnng .

    PS: Si vous avez besoin d’écoute ne hésitez pas.

    • Les gens peuvent vraiment être cons, des fois… Vraiment désolée pour toi, entendre des horreurs pareilles ne devrait pas être possible…

      Effectivement, comme je l’écrivais dans l’article, être là, c’est suffisant. Nous non plus, nous n’avons pas les mots, nous ne savons pas forcément quoi dire, ni comment le dire, alors on n’en veux pas à ceux/celles qui ne savent pas comment réagir avec nous. En revanche, une présence, une écoute, c’est déjà juste énorme.

      Merci beaucoup de partager ton histoire avec nous en tout cas, Sam. Et merci beaucoup pour ta proposition d’écoute, c’est vraiment adorable.

    • Bonjour,

      Je suis vraiment désolée pour vous. Je sais se que cela provoque car moi aussi je l’ai entendu cette horrible phrase. Je ne compte plus le nombre maintenant mais depuis le 12 janvier je sais que je l’ai entendu beaucoup de fois même trop. Bon courage

      Mélissa mamange d’Elyna

  20. Quelle triste nouvelle, quelle injustice, que la vie peut être cruelle parfois… aucun mot n’apaisera votre peine mais je pense bien à vous, prenez bien soin de vous.

  21. Je ne comprenais pas pourquoi je n’avais plus de nouvelles, alors je suis venue par hasard, pour tomber sur ces mots… Je suis estomaquée, sans voix, sans mots… Quelle douleur pour vous tous… Et je ne peux que vous adresser ces quelques mots de sympathie derrière un écran… P****n… Toutes mes pensées volent vers vous…

    • Merci beaucou MumChérie pour ton soutien et ton message. Cela nous touche beaucoup.

      On s’efforce de rebondir, et on va d’ailleurs reprendre un rythme de publication plus soutenu sur ce blog (PapaBackstage a mis un message à ce sujet sur le Facebook !).

  22. À quelques détails près, votre histoire est identique à la mienne. Mon petit bonhomme a eu (ou n’as pas eu) 10 ans cette année.
    La plus terrible et plus longue douleur de ma vie.

    • Merci Claire pour ce message. Effectivement, c’est une douleur qui ne nous quitte jamais, et je peux imaginer sans efforts tout ce que toi et les tiens avez dû traverser pendant ces 10 longues années sans votre petit bonhomme. Une pensée pour vous.

  23. Je ne peux pas comparer votre histoire à la mienne, mais votre phase de douleur, de deuil, cette envie d’envoyer bouler ceux qui croient bien faire je ne la comprends que trop bien… Mon fils aîné est né avec une maladie génétique « grave, mortelle, et incurable » comme nous l’a précisé le médecin… Mon fils est avec moi aujourd’hui, mais je suis passée par toutes ces phases, par ce désespoir qui est encore là aujourd’hui et ne partira probablement jamais… Je vous souhaite du plus profond de mon coeur d’apprendre à « vivre avec », car malheureusement on ne peut jamais se remettre vraiment de certaines choses… Mais on peut réussir à continuer à avancer pour ces petits bouts présents ou partis qui ont confiance en nous et ont besoin de nous… On peut réussir à vivre avec tout cela malgré tout… Courage à vous et à votre fille….

    • Merci de partager ton histoire avec nous, Julie. Je comprends que ta situation ait engendré les mêmes colères, les mêmes questionnements, les mêmes désespérances et la même douleur que ce que nous traversons et continueront à traverser. Comme tu le dis si bien, il faut continuer à avancer malgré tout, coûte que coûte, et s’accrocher aussi fort que possible à ce qui nous permet de tenir debout (notre aînée nous y aide beaucoup, sans le savoir).
      Courage à toi, et aux tiens.

  24. Je suis un homme de 69 ans et pourtant j’ai pleuré en lisant votre témoignage bouleversant. Cela m’a ramené 6 ans en arrière car ma fille cadette a perdu son petit ange à 5 mois et demi de grossesse. C’est terrible car la maman perd la chair de sa chair et c’est évidemment aussi une catastrophe pour le papa. Ma fille a eu depuis un garçon qui se porte à merveille. Tous les ans, à la date à laquelle, le petit ange est parti, j’envoie un petit mot à ma fille qui me répond systématiquement « Je m’en souviens comme si c’était hier ». Nous aussi, nous avons entendu cette phrase terrible « Ce n’est pas grave, elle en refera un autre ».

    Merci beaucoup pour ce témoignage courageux. Aujourd’hui, je pense bien à vous et à la petite Luciole…

    • Merci beaucoup pour ce message, et une grosse pensée pour vous et votre famille. Il y a beaucoup d’espoir dans ce que vous écrivez. Votre fille a eu le courage et la force d’avoir par la suite un petit garçon, et de continuer à vivre et à avancer, et ce que nous essayons d’apprendre à faire. Continuer. Apprendre à vivre sans. Et avancer, malgré tout.

  25. Je suis désolée d apprendre ce qui vous arrive. Je lis et la douleur est ravivée. Je me reconnais tellement dans ce que vous écrivez…j ai vécu la même chose que vous il y a maintenant 7 ans…ma fille me manque cruellement même si oui la vie continue…et j ai toujours l impression que personne ne comprend ce manque ni cette douleur…la vie a refait surface dans notre famille à 2 reprises depuis, nous sommes heureux et enrichis d émotions…on parle d elle parfois avec mes 3 autres enfants et ça nous fait du bien. Si je peux vous aider n hésitez pas même plus tard…

    • Merci mille fois Marie pour ce message et ce partage. Une grosse pensée pour vous qui avez connu ce que nous connaissons actuellement. Il nous a justement semblé utile d’en parler, de partager notre histoire, pour se sentir moins esseulés peut-être dans notre peine. L’espoir qui transparaît de votre témoignage est important pour nous, il nous montre que, tôt ou tard, nous saurons aussi nous reconstruire et trouver le moyen d’avancer malgré le manque et la douleur…

  26. Je pleure en lisant vos mots. Mes mots, à coté, ne valent pas grand chose. Mais je tiens à vous envoyer mes pensées, mon soutien, de tout cœur.

  27. Je découvre aujourd’hui via le « Huffington post » le bouleversant et magnfique hommage que vous écrivez à votre « Luciole ».
    Elle a retrouvé au milieu des étoiles, mes deux petits papillons Yannis et Timéo nés le 21 septembre dernier et morts après quelques heures de vie. Je ne suis « que » la grand-mère de ces deux petits garçons mais je ressens
    un immense manque face à leur absence et particulièrement quand je garde leur cousine, véritable petit rayon de soleil, née le 11 août dernier.
    Nous aussi avons entendu des phrases du style « Ils sont jeunes, ils en auront d’autres » ….
    Sans vous connaître, je suis de tout coeur à vos côtés…

    • Les grands-parents perdent eux aussi quelqu’un, dans ces moments-là. C’est vrai qu’on pense toujours d’abord aux parents, mais c’est toute la famille qui est touchée par le drame et qui en porte la souffrance. Toutes nos condoléances à vous et à votre famille pour la perte de vos deux petits papillons, Anne. Et merci d’être venue ici déposer votre message et votre soutien.

      C’est justement pour cela que nous avons répondu positivement à la proposition du Huffington Post d’y faire paraître notre témoignage. S’il peut permettre à ceux et celles qui ont connu cette douleur de se sentir moins seuls dans leur douleur, ce sera déjà pas si mal.

  28. C’est terrible…
    Ce texte est si beau si touchant ! A travers vos mots j’imagine tellement bien votre petite luciole.
    Je vous envoie un wagon de câlins.

  29. Je suis bouleversée. Merci pour ce magnifique texte qui me permet de mettre des mots sur ce que je ressens depuis la perte de ma petite « luciole » à moi il y a quelques semaines.

    • Toutes nos condoléances, Chloé, à vous et à votre famille… Nous apprendrons à « vivre sans », à défaut de « vivre avec », et nous saurons continuer à avancer et aller de l’avant, malgré la douleur. C’est à cette pensée qu’il faut s’accrocher de toutes nos forces.

  30. Juste un petit message de réconfort à vous trois. Quand on se reconnait très fort dans les lignes (et même dans les dates), difficile de s’empêcher d’envoyer quelques mots doux. C’est un moment de tempête, difficile à décrire, difficile à partager. Il est pourtant bon de le partager. Vous l’avez très bien fait.
    Dans mon cas, après quelques mois très difficiles, et après avoir trouvé du sens à cette vie partie, la vie m’a offert plein de cadeaux magnifiques. Chacun de ces cadeaux était en lien avec cet enfant. Le manque d’enfant était si grand (au point de loucher sur le ventre rond des femmes et sur les nouveaux-nés), que la vie m’a même offert deux enfants d’un coup.
    Alors, c’est tout ce que je vous souhaite. Je vous souhaite que cette traversée de tempête se poursuive avec un temps beau et calme. Je vous souhaite plein de beaux cadeaux de la vie…avec votre petite luciole, toujours au chaud dans votre coeur.

    • Merci AnnaLisa pour ce message encourageant et plein d’espoir. Cela fait du bien de lire un témoignage comme celui-ci. J’espère que nous parviendrons nous aussi à trouver ce réconfort apaisant.

  31. Je t’aime frangine, je t’aime mon beauf, je vous aime mes nièces.

  32. C’est tellement une vrai vérité, exactement se que l’on pense et ressens. On est dans le même cas. Notre petit ange s’est envolée ce 12 janvier alors que j’étais à terme( 1er enfant )Nous avons dù faire face aux phrases de réconfort maladroites. Mais celle qui nous a tué c’est  » c’est pas grave vous êtes jeune, vous en referez d’autres et puis vous ne l’avez pas connu… Ou c’est votre poids (+6kg), il faudra maigrir (perte de 20kg avant la grossesse) pour la prochaine ou vous faire opérer…  » Merci les médecins. Tout cela pour dire qu’il faut apprendre à vivre avec cette affreuse douleur au milieu de personnes qui nous comprendront jamais. Bon courage à vous. Une mam’ange qui vous comprends et vous soutiens derrière sa tablette.

    • Merci beaucoup Mélissa pour ce message, et toutes nos condoléances pour la perte de votre petit ange… Je crois que la maladresse, c’est ce que l’on retient le plus, malheureusement. Par chance, il y a aussi des personnes qui comprennent (souvent parce qu’elles sont passées hélas par là elles aussi), et/ou qui savent se montrer présentes et réconfortantes… C’est aussi pour cela que nous avons voulu partager notre histoire avec la blogosphère ici-même, et pour cela que nous avons accepté sa diffusion à plus grande échelle sur le Huffington Post. Quand on passe par ces horreurs-là, ça peut peut-être faire parfois un peu de bien de se sentir moins esseulé dans sa peine. Bien sûr, ça ne change rien à la souffrance et au manque, mais on peut quand même se montrer solidaires les uns des autres dans l’atrocité, et se tirer tous vers le haut. Courage à vous et à votre famille.

  33. Merci maman Backstage. Nos condoléances pour votre petite luciole. Je suis tellement désolée pour vous. Cela ne devrait pas exister. Si vous avez besoin de parler, de vous confier, n’hésitez pas. Je serais là . Comme vous dites nous pouvons être solidaire. Courage.

  34. Voilà plusieurs mois que je n’avais pas été si émue. J’ai tant pleure à la lecture de ce texte. Mon fils est mort il y a maintenant 13 mois, quelques heures après sa naissance, et la lecture de votre message m’a replongée dans ce moment si incroyablement douloureux qu’on se dit qu’on ne s’en relèvera jamais. On s’en est pourtant relevés, comme on a pu, et me voilà à nouveau enceinte, de mon troisième enfant, moi qui étais sûre de n’en vouloir que deux…
    Je ne sais quoi vous souhaitez, j’ai eu l’impression incroyable en vous lisant que ces mots auraient pu être les miens, tres exactement.
    La vie reste un cadeau, j’en suis intimement convaincue, quelle que soit sa durée. Célébrez, célébrez votre luciole aussi souvent que possible, parlez d’elle, faites la vivre, elle est la, différemment mais elle est la.
    J’ai tant de peine à vous lire, mais je vous assure qu’elle est la vôtre luciole, et qu’elle reste un cadeau.

    • Merci beaucoup Amélie pour votre message et votre témoignage. J’en retiens l’espoir qui transparaît de vos mots. Vous vous êtes battue pour continuer à avancer, malgré tout, et je ne peux que vous souhaiter beaucoup de bonheur pour la suite, et pour votre enfant à naître !

  35. Bonjour à toutes et à tous !

    Je n’ai pas encore répondu à vos commentaires, pourtant l’article est en date du 7 mars… Je ne sais pas pourquoi en fait… Vos témoignages de sympathie me touchent énormément, vraiment. Je n’avais sans doute pas la force de me replonger là-dedans, de lire vos mots si touchant, si gentils, si compréhensifs… Je ne voulais pas être touché, je ne voulais pas être gentil. Je voulais juste crier, pleurer…

    Quand le Huff nous a proposé de partager l’article sur leur site, nous avons accepté de suite. Pourquoi ? Car on s’est dit que les mots qu’a su trouver MamanBackstage pouvaient aider d’une certaine façon. Aider qui ?

    Nous déjà. Oui c’est égoïste, je vous l’accorde mais c’est une nouvelle façon de crier au monde notre colère et notre tristesse.

    Aider aussi ceux qui ont malheureusement connus un événement similaire (tout mon soutien, soyez-en sûrs).

    Et aider ceux qui ne comprennent pas. Ceux qui pensent « bah, ils ne l’ont pas connu, ce n’est pas vraiment perdre un enfant en fait ». Faire comprendre qu’être là, ce n’est pas faire semblant qu’il ne s’est rien passé. C’est aussi en parler. Ca fait du bien d’en parler, même si on pleure.

    Merci à toutes et à tous pour votre soutien.

    Quand j’ai créé ce blog il y a bientôt deux ans, mon objectif était de faire rire, de dédramatiser les phases « à la con » de ces mioches qui nous gonflent mais qu’on aime tant. Maintenant je vois que nos articles peuvent aider des gens. Aider à se sentir moins seul, aider à dialoguer, aider à enfin poser des mots sur des événements magnifiques ou tragiques.

    Merci encore pour tous vos messages !

    • Merci à vous papa Backstage. Grâce à vous , je me sens moins seule. Maman Backstage à coucher sur le papier tous se que je pense et ressens, mais je n’aurai jamais pu aussi bien l’écrire. Vous êtes formidable et je pense à vous et à votre famille. Aujourd’hui cela fait 4 mois que ma petite Elyna s’est envolée. Je souffre de son absence et surtout de ne pas avoir pu l’accompagner le jour de son incinération. Nous n’avons pas été prevenu. Je ne sais pas si un jour j’aurai la force d’avoir d’autres enfants car aujourd’hui j’ai très peur de tomber enceinte. C’etait et c’est notre 1er enfant. En tout cas je vous envoi mon soutien et ce soir si vous me le permettez j’enverrai en même temps que j’en envoi une à mon petit ange, une lanterne à votre luciole.

      Bien à vous.

      Mélissa mamange d’Elyna

  36. Toutes mes pensées pour vous, pour votre luciole, pour toute la famille impactée par la perte de votre enfant.

    J’ai aussi vécu il y a bientôt 8 ans ceci en tant que papa, ou presque, car nous le savions déjà avant sa naissance que notre enfant ne pourrait vivre après, et nous avions pu nous y préparer (ce qui est aussi dur, car l’enfant est toujours vivant dans le ventre de la maman …). Ce sont des jours tout d’abord d’angoisses avant d’avoir la confirmation d’un éventuel diagnostique, ensuite des décisions médicales douloureuses (examens supplémentaires ou non…), et enfin l’arrivée de la mort, préparée avec des personnes auxquelles nous serons toujours reconnaissantes de leur soutien humain, un entourage parfois aussi démuni que nous …

    Ce dont vous ne parlez pas dans votre article (volontairement ou pas …), c’est de votre aîné … la nôtre avait 2 ans, et nous avons vécu ceci avec elle, elle l’a vécu à sa façon, nous l’avons laissée libre de nous poser toutes les questions qu’elle voulait et lui avons répondu sincèrement, honnêtement, simplement … et elle a compris, l’a assimilié … tout comme nous … et elle continue à évoluer, l’histoire de notre famille, avec cet enfant qui n’est plus là physiquement, mais qui restera à jamais membre de la famille … y compris pour notre 3e enfant venu ensuite …

    « Quand quelqu’un qu’on aime devient un souvenir, le souvenir devient un trésor. »

    • Merci Roger pour votre message. Quand je lis l’horreur à laquelle vous avez dû faire face, je n’ose pas imaginer la difficulté et la douleur qui se sont abattues sur vous et votre famille… Je suis sincèrement désolée pour vous et pour les vôtres…

      Ici, notre aînée n’a – au début, tout du moins – pas semblé s’inquiéter de ce qu’il se passait. Quand nous l’avons récupérée chez ses grands-parents, une fois que j’ai pu sortir de la clinique, elle nous a surtout boudés, comme si elle sentait que nous l’avions « exclue » de quelque chose. Les jours suivants, elle était agitée, énervée, comme un miroir de ce que nous étions nous-mêmes. Ensuite, plus rien, pendant plusieurs semaines. Puis, tout d’un coup, elle est venue me voir un jour pour me demander où était sa petite soeur. J’ai essayé de lui expliquer ce qu’il s’était passé, sans mentir, sans utiliser de phrases du style « elle est partie » (j’avais peur qu’ensuite, cette phrase l’effraie lorsqu’il s’agirait de lui dire que j’étais partie faire une course ou que papa était parti au travail…). Elle a acquiescé, et n’a plus rien demandé pendant quelques jours de plus.

      Depuis, de temps en temps, elle « joue à la petite soeur » en mettant et enlevant un ballon sous son tee-shirt ou sa robe. Mais elle ne pose plus de questions. Après discussion avec le pédiatre, nous avons préféré attendre que les choses viennent d’elle et répondre à ses questions ou à ses jeux quand elle le désire. On se dit qu’elle digère, elle aussi, les choses à sa manière.

      Les jours où j’ai moins de patience, parce que je me sens plus déprimée ou agacée, je lui explique simplement mon état et ses raisons, en lui répétant qu’elle n’y est pour rien, que ça va aller, et que je l’aime. J’ai l’impression que cela lui suffit, car elle me fait alors un gros câlin et s’applique à me faire rire.

      Voilà pourquoi notre aînée n’apparaît pas réellement dans cet article. Lorsque je l’ai écrit, elle ne manifestait pas encore de besoin vis-à-vis de la situation, et nous ne savions pas du tout comment nous y prendre avec elle pour lui expliquer les choses…

  37. Bonjour
    Il m est arrivé le même drame que vous le 21 juin 2006 c était un petit garçon
    Personne n’a jamais compris ce que je pouvais ressentir
    Ma fille aînée s est faites moquée à l école car personne ne peux comprendre ce drame
    J espère qu un jour prochain vous aurez à nouveau de beaux enfants
    Moi j en ai eu deux autres et ils sont au courant pour leur frère

    Courage à vous
    Pleurer si vous le ressentez
    Moi il m arrive encore de pleurer car mon fils aurait 11 ans au mois de juin

    • Merci Fradin pour votre message.

      Je suis désolée que vous ayez eu à surmonter cela, vous aussi, et que vous vous soyez sentie aussi seule dans votre douleur. Je crois malheureusement que ce sont des souffrances qu’on ne peut pas imaginer lorsqu’on n’est pas confronté à une situation similaire. C’est pour cela, sans doute, que les gens ne sont pas toujours à la hauteur des réactions qu’on aurait attendues d’eux.

      J’ai également beaucoup de peine pour votre fille aînée… C’est horrible comme les enfants peuvent être cruels entre eux, parfois…

  38. Merci, Maman Backstage, de votre message.

    Effectivement, il ne semble pas évident de faire ou laisser participer son enfant au deuil de son frère ou de sa soeur, un événement qui nous semble tellement dur pour nous qu’on aimerait en protéger son enfant … souvent il réagit instinctivement et comme vous le dites, c’est sa manière d’apprivoiser cet accroc dans sa vie.

    Votre témoignage de la réaction de votre aînée m’a beaucoup touché, et je revois la fois où mon aînée a parlé de son petit frère à sa petite soeur … spontanément … pour dire que ce serait prochainement son anniversaire … le jour de sa naissance …

    • Les enfants ont en effet des réactions qui leur sont propres… Le pédiatre nous expliquait qu’à 3 ans, notre aînée ne comprenait pas encore le caractère définitif de ce qu’il s’était passé, et qu’il faudrait du temps pour qu’elle intègre ce décès. Mais elle comprend, malgré tout, que quelque chose s’est produit, et que cela nous a attristés et choqués. Avec le temps, elle comprendra mieux, et nous nous efforcerons toujours de répondre à ses questions et ses craintes.

      PapaBackstage m’a offert récemment un petit bracelet gravé aux prénoms de nos deux filles. J’ai expliqué à l’aînée, lorsqu’elle m’a questionné à ce sujet, ce que signifiaient ces lettres et pourquoi cela comptait beaucoup pour moi. Quand elle grandira, elle exprimera certainement plus facilement ce qu’elle ressent elle aussi…

      J’avoue que nous avons tout de suite eu très peur de sa (ses?) réaction(s) lorsque cela s’est produit. Nous avions peur qu’elle soit en quelque sorte « traumatisée » de l’évènement (comme nous le sommes d’ailleurs nous-mêmes). Mais malheureusement, les adultes ne peuvent pas toujours protéger leurs enfants de tout. C’est une dure leçon que nous sommes en train d’apprendre…

  39. Nous attendions des jumeaux .. contrôles écho toutes les semaines sur la fin …. et une semaine avant la naissance programmée, un des enfants a été détecté sans vie … intervention en urgence ..
    Et gestion d’une naissance et d’un enterrement…
    Démontage du lit en trop dans la chambre, revente de la poussette double …
    Ça fera bientôt 6 ans … c’est difficile de se reconstruire après une épreuve comme ça.

    Je vous souhaite tout le courage du monde.

    Votre récit reflète tout le malheur et les épreuves que seuls vous deux pouvez comprendre et surmonter…

    • Je ne peux qu’imaginer combien cela a pu être difficile en effet pour vous et votre famille de se reconstruire après tout ça… Mon coeur se serre en vous lisant.

      Une énorme pensée pour vous, et un très grand merci pour votre message…

  40. Je suis tellement désolée pour vous ! Ce billet évoque votre petite luciole d’une manière magnifique qui m’a bouleversée. Les mots me manquent et de toute façon ils seraient maladroits ; que dire si ce n’est que ce que vous traversez est profondément injuste ? Je vous envoie tout le courage possible et des pensées pleines de douceur.

    • Merci beaucoup pour ce message et ces pensées. Le sentiment d’injustice est effectivement encore très présent en nous, autant que la colère, l’incompréhension et la douleur. Mais on s’accroche, et on continue malgré tout à essayer d’avancer. Les messages de soutien comme le vôtre et tous les témoignages qui ont été laissés sous cet article sont importants pour nous et nous aident beaucoup. Merci de tout coeur.

  41. Bonjour à vous,
    Je suis aussi une maman en manque de mon petit loup… Je partage votre peine et votre douleur! Le mien aurait 22 ans cet été, une saison de joie et de réjouissance qui me laisse toujours une petite pensée douce amère. Jamais on oublie, mais sachez que le blessure devient moins vive, la vie redevient belle… teintée de petits élans de suppositions; aurait-il les goûts de son papa pour le sucré? La fascination de sa soeur pour les étoiles?
    Je penserai à vous dans mes intentions. Sans entrer dans le spiritisme, je me plais à penser que mon fiston est près de moi et me sourit!
    Bonne vie à vous , puissiez-vous, au fil des ans, trouver une nouvelle sérénité.

    • Merci Mel. Malgré la douleur, le temps semble vous avoir aidé à retrouver un peu de sérénité. J’espère qu’il en ira de même pour nous. J’imagine qu’en effet la douleur finit par se faire moins violente au fil des années, même s’il y a actuellement des moments où je suis loin d’en avoir la certitude (évidemment).

      Merci encore d’être venue déposer ici votre témoignages et vos mots réconfortants.

  42. De tendres pensées pour votre luciole et pour vous dans ces moments si hard.
    Votre récit m’arrache le coeur et me renvoie à mon histoire ,moi qui ai perdu mes deux premiers bébés il y a 6 et 7 ans. Il est impossible pour l’entourage de comprendre la violence de tout ça et les phrases maladroites fusent, et ça continue plus tard, quand les gens oublient. Mais aujourd’hui je m’en fou, moi je n’ai pas oublié, j’y pense chaque jour et ça ne me fait plus souffrir…Elle sera toujours quelque part avec vous votre puce.
    Bon sinon moi les groupes de parole m’ont aidée. Pas à accepter leur mort ni à comprendre ni les oublier mais à apprendre à vivre « avec » et à me sentir moins « folle » , à tel point qu’aujourd’hui c’est moi qui ai repris l’animation de ces groupes.
    Bon courage à vous

    • Merci Lalie pour ce message. Je suis vraiment désolée pour vos deux premiers enfants. Je comprends que les groupes de parole aient pu vous aider, et c’est tout à votre honneur d’être à votre tour initiatrice et animatrice de ces espaces de rencontre, de soutien et d’échange.

      Il transparaît de la plupart des commentaires à notre écrit que les parents qui vivent ces tragédies se sentent souvent seuls, isolés dans leur douleur, mécompris/incompris… C’est sans doute là que les groupes de parole peuvent effectivement apporter quelque chose. De l’espoir, du soutien, certainement.

      Pour ma part, je ne me sens pas encore prête à cela. Je me rapprocherai certainement de l’un d’entre eux dans un avenir plus ou moins proche, mais c’est encore beaucoup trop douloureux pour l’instant de mettre des mots sur ce qu’il s’est passé.

      Quant à apprendre à vivre avec… J’utilise plus volontiers le « vivre sans ». Vivre sans elle. Sans l’avenir que nous avions tellement imaginé. Mais c’est la douleur qui parle. La colère, aussi. Il paraît que l’acceptation et l’apaisement viennent ensuite, mais pour le moment j’ai du mal à y croire.

      Il reste que votre message de soutien, et tous ceux que nous avons reçus depuis la publication de ce billet, montrent quand même qu’il y a de la lumière au bout du tunnel. Je me raccroche à cette idée.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*